D'autant que la crête ne fait pas le moine ni l'habit le punk et qu'il y a bien trop à vivre là maintenant. Alors tous à vos ordis et faites péter les décibels visuels. Le voyage c'est comme le rock : c'est tout-à-fond !

Ici Pérou, à vous Paris !!!


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samedi 21 avril 2012

"Route de la mort" - Bolivie, Région La Paz, Avril 2012


A l'instar du Salar de Uyuni, Potosí, Sucre ou encore l'île du soleil sur le lac Titicaca : retour sur des terres découvertes il y a 6 ans avec Pierrot. Non sans un certain plaisir car on ne retourne pas au Salar ou sur la route de la mort comme on retourne à Verdun, Vitry-le-François ou Trifouilly-les-oies. Avec le moral en berne et la mélancolie au canon, même s'il n'y a pas de fleurs au Salar ni au fond de mes chaussettes.

Bref : la "route de la mort". On quitte La Paz et l'Alto à 4000 mètres pour atteindre un col à 4700, puis on descend tout schuss mais sans ski jusqu'à Yolosa à 1200 mètres (vous vous informerez sur les brouettes si les chiffres décimaux vous intéressent). En réalité on la descend à vélo tout terrain, vu la piste et l'absence de neige. Et pour cause : on se dirige tout droit vers l'amazonie, bien qu'en virages à vous donner le tournis. Et si mon écriture vous donne le vertige retournez à l'école, voire en amazonie ça revient au même. C'est ce qu'on avait fait avec Pierrot (la descente à VTT, pas le retour à l'école, encore que...). Cette fois-ci c'est en bus qu'on se rend à Yolosa puis à Coroico, avec un groupe très sympa de Paprika Tours. Mais ça vaut aussi son pesant. C'est qu'on ne pèse pas lourd dans ce genre de situations, sur ces routes, face à ses abruptes paysages. Moi de toute façon je ne pèse jamais lourd - même pas foutu d'atteindre les 60 kilos après un bon repas ou une grossesse. Ce qui me permettrait de chuter moins vite que les autres si jamais on tombait dans le ravin, et surtout de m'écraser moins fort. Pas suffisant du reste pour échapper à la mort, vu les abysses et la piètre solidité de mon corps. Tout juste bon pour vivre quelques précieuses secondes supplémentaires, durant lesquelles j'assisterai à celle des autres. 

La mort donc. Cette route doit son surnom au nombre record de décès, du temps où elle était fort empruntée. En 2006 avec Pierrot, la nouvelle n'était pas encore terminée et on circulait à double sens sur cette piste à simple voie. D'où des marches arrières périlleuses en bus lorsqu'on croisait un autre véhicule, et quelques parechocs vus de près en sortie de virage lorsqu'on envoyait du gros sur les vélos. 





Si on ne peut même plus transporter de la drogue librement...


Cherchez la route...












De la route jusqu'au fond du ravin (cherchez la rivière...)




















Et avec tout ça je n'suis toujours pas mort. Décidément la Radio Pik-Pik c'est un peu comme le Titanic - celui de James Cabrón ("con" en argot latino) : ça s'éternise à en pleurer, ou s'endormir, et Dicaprio n'en finit pas d'crever. Sauf que j'ai pas la gueule de l'emploi. Ni du minet. 

Ici la mort, à vous Paris!!!





Sucre - Bolivie, Région Chuquisaca, Avril 2012


Sucre à la va-vite. L'autre capitale de la Bolivie (constitutionnelle). Là encore à ma connaissance, le seul pays qui en ait deux. Comme pour simplifier les choses. Fait révélateur il me semble, de la division du pays en deux parties. L'une indienne, andine, pauvre, au climat rude de l'altiplano, à l'ouest ; l'autre plus riche, plus "blanche", au doux climat des vallées, à l'est et au sud-est. Contrastes et terrain propice à une potentielle scission du pays dans un futur, proche ou lointain je n'en sais rien. La Bolivie n'en était pas si loin à la fin de l'année 2009 si je ne me trompe (sinon c'était 2010). Evo Morales, le président, a alors remis en jeu son mandat via référendum, suite à de violentes émeutes qui ont fait pas mal de morts dans la région de Santa Cruz, capitale économique du pays. 

D'un point de vue touristique, Sucre est sans doute la plus belle ville de la Bolivie, même si j'ai eu peu le temps de la photographier cette fois-ci. Seulement à la va-vite, entre les visites d'hôtels et le groupe de Paprika. Comme lors des 10 jours passés ici avec Pierrot et Christophe il y a 6 ans, elle me rappelle un peu Arequipa au Pérou, avec ces façades blanches immaculées et sa place centrale, joliment boisée. La comparaison s'arrête là, les toits de tuile me rappelleraient davantage Cusco. Sucre is Sucre, et la Bolivie n'est pas le Pérou. Il faut désormais se défaire de ses références, et c'est bien ce qui me plait. "Décolonisez-moi" chantaient les Zabriskie Point, et dans le contexte actuel ces paroles prennent encore une autre dimension.
































La Paz - Bolivie, Région La Paz, Avril 2012


Ma nouvelle ville. Toujours plus haut. 

Commencé il y a bientôt 4 ans à Arequipa à 2400 mètres, puis Cusco à 3400, et maintenant La Paz à 4000 pour l'Alto (3600-3700 pour Sopocachi, mon quartier). Je doute à présent de pouvoir à l'avenir m'approcher davantage des cieux, puisque La Paz est la capitale la plus haute du monde. Le Népal? Balivernes : Katmandu n'atteint même pas les 1400 mètres. Ou alors il faudrait s'exiler dans un village de campagne pour cultiver la patate, la quinoa ou je n'sais quoi, et dans tous les cas l'art de vivre en autarcie : n'y comptez pas.

Tous les jours depuis mon arrivée cette capitale me surprend, sans jugement positif ou négatif pour le moment. Juste un constat de mes yeux encore ignorants. Hors du commun tout simplement : l'unique capitale du monde à grosse majorité indienne. A ma connaissance. Avec des mamitas Aymara partout, jusque dans les quartiers riches et près de l'ambassade de France, à l'intérieur de laquelle ça pue la suffisance pédante à plein nez, un peu comme certaines mamitas dont l'hygiène laisse à désirer et qui me semblent peu désirables. Bref, du contraste en veux-tu en voilà. Pour la peine j'y ai largué une grosse caisse, à l'ambassade comme chez les mamitas, et ne m'y suis même pas enregistré. Ni à l'ambassade ni chez les mamitas.

Sa morphologie aussi est surprenante. Celle de La Paz comme celle des mamitas d'ailleurs, celle de l'ambassade de France ne présentant aucun intérêt. Les deux font peur à voir. La Paz, plus haute capitale du monde, s'étend de 4000 à 3200 mètres, construite sur les pentes abruptes d'un canyon naturel avec en fond d'écran l'Illimani, sommet le plus haut de la cordillère royale bolivienne (6462 mètres). Pour info, la morphologie des mamitas s'étend sur un mètre carré, voire cube si on a la 3D, et m'effraie davantage encore que celle de la ville.

La Paz me surprend enfin de part le "joyeux bordel" de ses administrations. Ou la triste réalité selon le point de vue. Fait compensé par la gentillesse de certaines personnes rencontrées au cours de queues interminables, dans des lieux officiels dépourvus de tout confort. On m'a souvent aiguillé, souri, même regardé dans le fond des yeux pour me souhaiter la bienvenue plusieurs fois au cours de cette dernière journée, passée à faire des papiers et chercher les listes des innombrables documents à fournir pour demander la résidence. Jusqu'à être invité à fumer ma cigarette à l'intérieur du bureau de l'avocat, qui m'attestait toutes mes attestations attestant ma bonne foi et mon emploi attesté. Pour la peine et surtout mon plaisir, je lui ai payé une clope à la fin des débats voire des hostilités (dans un moment d'impatience - il tapait à un doigt en laissant des fautes, je lui ai proposé d'écrire le courrier à sa place). Mais dehors la cigarette s'il vous plait Monsieur l'Avocat, par respect pour les non-fumeurs. Si seulement cela pouvait être réciproque, en France où bientôt nous serons traités comme des pestiférés. En costard et cravate bien serrés l'avocat, mais plus relax que moi le bonhomme. Faut dire que lui connait bien son pays. Il a dû apprendre depuis tout petit bien qu'il le soit encore, à être zen ou j'm'en foutiste. Encore une fois selon le point de vue.

La Bolivie : tout un roman. Encore un prétexte pour moi d'en faire une tartine. Faut dire qu'il y a de quoi, du "lourd" devant moi. Je m'adapterai, n'ai pas le choix, et c'est pourquoi je suis là.

La Paz mon Amour... et si tu ne l'es pas encore, il faudra le devenir, de force ou de gré. Or ce sera de gré car la force n'est pas mon fort. Donc si amour réciproque il n'y a pas dans quelques mois, je troquerai la force pour une démission, ce qui n'est pas le but loin de là. Alors La Paz mon Amour... il faut qu'on s'aime à l'amiable. Sacrée ville, sacré pays. Et comme l'Hexagone : tu m'auras pas.



La Paz en photos, de haut en bas.


L'Illimani (6462 mètres), vu d'avion.



A l'Alto (4000 mètres)


L'Illimani vu de l'aéroport





Les mamitas font quand même de sacrées ombres...

... même qu'elles ne rentrent pas dans le cadre.

Le Huayna Potosi (6088 mètres), autre sommet de la cordillère royale.







Transport en commun



En descendant vers le centre et Sopocachi










Si c'est la crise en France, EDF a du boulot ici.






De Sopocachi





































En descendant vers la vallée de la lune








La vallée de la lune, juste à la sortie sud de La Paz (3200 mètres)