D'autant que la crête ne fait pas le moine ni l'habit le punk et qu'il y a bien trop à vivre là maintenant. Alors tous à vos ordis et faites péter les décibels visuels. Le voyage c'est comme le rock : c'est tout-à-fond !

Ici Pérou, à vous Paris !!!


Tous les articles sont disponibles en archives à droite sur la version web du blog, par ordre chronologique de parution. De toute façon, sur ce vieux tractoblog du 18e siècle, la version smartphone n'est pas pratique.
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samedi 14 mars 2015

De la côte pacifique à la vallée de Majes - Pérou, Région Arequipa, Février 2015.


Résurrection "de profondis" de cette radio que je croyais enterrée. Retour dare-dare et en deux-deux, Radio Pik-Pik redécolle dans un coucou éclair. Vol au d’ssus d’un nid de.

Moustiques.

Radio Coucou pour un Pik-Pik éclair, on n’est à peine de revenu qu’on s’en sort déjà pas avec les mots. 
Bonjour et donc au revoir.























































































Finalement on s'en sort bien.


Petite virée entre amis : un péruvien, une colombienne, un français et un belge. Ça promet d’être drôle. Dans la région d’Arequipa.

Traversée du désert, à base de lignes droites interminables au milieu du néant végétal et du tout minéral. Interminables lignes jaunes au milieu du macadam. A l’américaine. Puis la descente, courbes en épingle, dans les derniers reliefs andins. A la péruvienne. Jusqu’à l’océan pacifique où on se trouve un petit hôtel en face de la mer. De la chambre on entend le ressac, fenêtre ouverte on sent les embruns. De l’iode plein les poumons. C’est bon.

Du poisson des fruits de mer, plein la panse. Accompagnés de bière fraîche, toujours plein la panse. C’est tout bon.

Un bain vigoureux et conquérant, un beach-volley un peu moins, et quelques chapitres de mon polar plus tard, restau en terrasse dans le village de Camana. On en profite pour une Parihuela magnifique (soupe de la mer avec poissons, crabe et coquillages). Mon jean se souvient encore des tâches couleur rouille. Splash. Et moi du goût de la soupe. Slurp. Je vous épargne les prouts. Mieux vaut écouter la mer et se servir du vent, pour diluer les gaz. De ville. Ça me rappelle les virées nocturnes sur la plage de Siouville, un pétard à la main et des amis sous le coude, quand j’avais 18 ans. Comme y’a pas de pétard et que je n'ai plus 18 ans, je me rabats sur une bière et les amis. De nuit face aux vagues. Sans nostalgie pour autant.

Le lendemain, c’est réveil au grès du vent. A cette heure matinale, je ne trouve pas de café pour accompagner mon bouquin et me rabats exceptionnellement sur un coca. C'est tout ce que je trouve à acheter le long des rues et de la plage désertes, pour lire à la fraîche en face du ressac le temps que chacun émerge de ses brumes. Et me rincer la bouche à grands coups de sucre gazéifié. La grande classe de l'hygiène dentaire.

On file prendre un petit déjeuner puis la route, pour découvrir une piste censée nous amener de l’océan à la vallée de Majes, réputée pour ses vignes et la fabrication du Pisco (eau-de-vie de raisin). Deux heures pour une soixantaine de kilomètres, dont la deuxième partie sur une piste de terre défoncée où la poussière se mange comme se respire. Rizières verdoyantes à notre gauche, pentes abruptes et désertiques à droite, rivière tourbée où vous voulez.
 
Retour bref sur l’asphalte et arrivée à l’entrée de la vallée de Majes, où l’on attaque par la visite d’une bodega de Pisco. Ventre vide. La dégustation fait effet et les moustiques carton plein sur mes jambes dénudées. Mais on n’est pas déçu du voyage. Et surpris de la qualité du liquide, on r'part pas les mains vides. Mais les poches pleines. Comme on n’est ni plein ni des poches, à vin, on reprend la route mais il est quand même temps d’aller manger un bout.  
   
A l’hacienda au jardin magnifique, on se restaure et réhydrate, avant une petite marche à travers champs, jusqu’aux piscines que la commune a aménagées en canalisant des sources d’eaux naturelles. Tombée de la nuit avec une bière fraîche en terrasse, bercés par la tiédeur ambiante et le bruit des bestioles. Ressac animal cette fois-ci.

On s’endort avec les insectes, se réveille avec les oiseaux. Ça fait cui-cui et sonne un peu cul-cul, mais c’est bon comme jamais. Comme un petit déjeuner à la campagne sans se presser. Alors je reprends mon bouquin, seul, pendant que les autres vaquent à leurs occupations, avant de filer ensemble pour un bain aux piscines et prendre le chemin du retour. A Arequipa.

Fin de week-end fin des vacances. Un dernier dîner du tonnerre de Brest et d’Eva, fine cuisinière. Magret de canard, pommes caramélisées, patates andines ail et persil. Jusqu’aux bras de Morphée.

Le lendemain, le coucou pour un vol au-dessus des Andes, jusqu’à mon nid. Chez les fous. Logé à 4000 mètres et quelques lieux sous les mers. Pour y trouver la paix, ou plutôt La Paz, qui ne porte pas si bien son nom. Mais c’est mon nid mon cocon.

Merci à François, Eva et José pour l’agréable compagnie, leur discrétion naturelle, leurs connaissances partagées.


Radio Pik-Pik peut désormais retourner dans sa tombe, sans se retourner et c’est déjà pas si mal. 

Au moins jusqu’à la prochaine fois.



Charles Atan